C’est exactement ce que nous avons fait, ma collègue Astrid Stegmann et moi-même, en donnant une sensibilisation alcool au CEFF artisanat de Moutier ce matin-là. L’occasion de parler d’alcool, de tabac et de cannabis avec les jeunes de deux classes et de tester un parcours d’obstacles en portant des lunettes simulant les effets de l’alcool.
Résultat de l’opération: de l’étonnement, la remise en question de certaines idées reçues et la possibilité pour nous de prendre la mesure de ce que les jeunes connaissent et expérimentent à l’heure actuelle.
Plus on consomme tôt, plus on risque de développer une dépendance précoce à l’alcool. Très souvent, lorsque les jeunes découvrent l’alcool et ses effets, ils l’associent à «l’interdit», la fête, l’euphorie et à une sorte de «super pouvoir » qui leur permet de s’exprimer plus facilement et de s’amuser. Les habitudes de consommation se prennent ainsi tôt et peuvent devenir un moyen facile de «devenir » plus intéressant, plus drôle, moins introverti et moins gêné socialement, occultant alors les apprentissages nécessaires à faire dans cette phase de vie. Lorsqu’un arrêt ou une réduction conséquente devient alors nécessaire, des années plus tard, les personnes consommant régulièrement de l’alcool se retrouvent souvent démunies et doivent réapprendre à fonctionner sans son aide et ses effets. Ce qui n’est pas toujours facile dans une société pour laquelle ne pas boire d’alcool est souvent mal perçu.
Alors si habituellement, les jeunes ont tendance à boire sans se poser de questions, cette matinée était l’occasion de s’en poser ensemble, de répondre à leurs interrogations et de leur permettre, nous l’espérons, de faire leurs futurs choix de consommation – ou non – de manière plus consciente et éclairée.
Aurélie Jeanneret
Collaboratrice sociale
