Gwennaël Bolomey, cinéaste suisse romand, a accepté de nous confier, avec authenticité, son ressenti autour du documentaire qu’il a consacré à la difficulté de grandir auprès d’un parent atteint de troubles maniaco-dépressifs et d’alcoolisme.
Né à la Vallée de Joux et entouré d’une nature qui a profondément marqué son enfance, Gwennaël évoque une période de sa vie qui a longtemps pesé sur l’équilibre familial, notamment en raison de la consommation d’alcool de son père. Le film s’ouvre sur une phrase forte, «Je suis devenu père de mon propre père», qui souligne la relation inversée que certains enfants peuvent être amenés à vivre très tôt, dépassés par les conséquences d’une maladie qui touche bien plus de personnes qu’on ne l’imagine. Pour Gwennaël, «les enfants ont toujours parlé, essayé de parler, […] mais on n’était pas prêt à les entendre».
Lors de notre entretien, le réalisateur est revenu avec pudeur sur la complexité de devenir à son tour père. Il raconte comment il a dû apprendre ce nouveau rôle.
Dans la tension entre les difficultés et l’amour familial, le cinéaste rappelle qu’une issue reste possible: à condition d’oser aimer, d’accepter d’être aimé et, surtout, de se faire aider.
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Sandra Becerra
Stagiaire pour le programme Enfance & Familles
